Dioxyde de titane des dentifrices: l’aberration

Dioxyde de titane des dentifrices: l’aberration

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Le dioxyde de titane est aussi appelé  E171 ou CI 77891 sur les étiquettes. Cet excipient est généralement de synthèse et issu de la nanotechnologie. On peut aussi en trouver sous forme minérale, notamment dans les cosmétiques bio. Il est partout: dans les aliments, les médicaments, les cosmétiques et les dentifrices. Un point sur les dossiers en cours et l’aberration de l’utilisation du dioxyde de titane dans les dentifrices.

La fin programmée dans les aliments

Le E171 permet de colorer les aliments en blanc, de les faire briller, de les durcir et de les protéger.

Après plusieurs rebondissements, le gouvernement devrait décider très prochainement d’appliquer son interdiction dans les aliments, conformément à la loi Alimentation adoptée en novembre 2018. Les industriels auront un laps temps pour progressivement changer la composition de leurs produits.

Beaucoup d’industriels se sont déjà adaptés ou sont en cours d’adaptation. Ainsi, Haribo l’a enlevé de sa gamme, après avoir abreuvé les enfants au dioxyde de titane dans tous ses bonbons blancs pendant des décennies. Aussi, M&M’s prévoit une éviction totale de la substance à la mi-2020. Le dioxyde permet à la coque en cire de carnauba de protéger le chocolat et lui éviter de fondre. C’est lui qui est à la source du slogan historique de la marque « fond dans la bouche, pas dans la main ».

Certains compléments alimentaires contiennent cette nanoparticule toxique dans les comprimés ou les gélules. Un comble pour des produits qui se revendiquent pour la santé. Ils sont aussi concernés par cette loi.

Le dioxyde de titane est classé cancérigène depuis 2006 par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC). D’autres agences nationales et internationales ont confirmé la toxicité du E171 sur l’organisme: accumulation dans le cerveau, troubles de la barrière intestinale, de l’immunité… Comme d’habitude, il aura fallu attendre que les industriels soient contraints pour qu’ils envisagent de le remplacer. Et que la pression associative sur les députés soit plus forte que celle des fabricants.

Les cosmétiques, les grands oubliés

Pour les cosmétiques, il n’y a aucune disposition prévue à ce jour. Pourtant, la nanoparticule inférieure à 100 nanomètres est facilement absorbée par la peau. Les quelques rares études préliminaires indiqueraient qu’une peau saine joue son rôle de filtre.  Ainsi, elles n’arriveraient pas dans le sang.

Selon l’état actuel de nos petites connaissances, il est admis que le dioxyde de titane est toxique par ingestion ou inhalation, mais pas par voie cutané. Admettons, ou pas.

En cas d’épidémie de grippe, la précaution sanitaire est de se laver les mains et d’appliquer une solution hydro-alcoolique pour éviter les contaminations. Le virus traverse la peau pour arriver dans le sang et faire son œuvre. Or le virus de la grippe a une taille de 80 à 100 nanomètres ! Il est donc plus gros que les particules nanotechnologiques. Le principe de précaution devrait s’appliquer.

Autre chose : l’organisme est susceptible d’absorber des quantités importantes et récurrentes de cette nanomolécule . En effet, il y en a dans l’immense majorité des cosmétiques. Alors, cela signifierait qu’il s’accumule en partie dans l’épiderme ? Avec quels risques pour la peau ?

A noter encore que le dioxyde de titane existe dans la nature sous forme minérale. Il est utilisé dans les cosmétiques sous forme micronisée, de taille légèrement supérieure à 100 nanomètres. C’est cette forme qui est acceptée dans les cosmétiques bio.  Pour les crèmes solaires et les certains maquillages, on ne peut pas se passer de dioxyde de titane (il sert de filtre minéral), mais pour le reste oui.

Dioxyde de titane et dentifrices, fuyez !

Alors qu’on peut éventuellement accepter que la peau joue le rôle de filtre à nanoparticules, il est physiologiquement impossible que ce soit le cas de la bouche.

En effet, il y a dans la bouche une muqueuse sous la langue qui absorbe une petite quantité de molécules qui vont ensuite directement dans le sang.  C’est le principe des ampoules d’oligoéléments ou des médicaments orodispersibles par exemple. Ne pas avaler le dentifrice ne signifie absolument pas ne pas ingérer du dioxyde de titane.

Même si les députés ayant des enfants n’ont pas connaissance de l’absorption perlinguale, ils savent sûrement que beaucoup d’enfants avalent du dentifrice…

En mars 2019, l’association Agir pour l’environnement alerte que « deux tiers des dentifrices du commerce contiennent du E171 et un dentifrice sur deux pour enfants en contient ». Effarant !

Ce qui est particulièrement aberrant, c’est que le dioxyde de titane n’apporte aucun bénéfice au dentifrice, hormis la brillance de la blancheur. On donc est face à une intoxication journalière répétée totalement injustifiée.

A noter encore ici que l’on peut utiliser en bio du E171 non nanotechnologique dans les dentifrices. A éviter aussi: il est de taille plus grosse (supérieure à 100 nanomètres) mais pas forcément sans danger.

Depuis sa création, Phytonut ne distribue pas de produits à base de dioxyde de titane, y compris pour les dentifrices de soin pour le quotidien de chacun. Seules les crèmes solaires bio font exception.

Médicaments et E171, une autre histoire

Le dioxyde de titane est présent dans les excipients quasiment tous les médicaments (plus de 4000 selon Agir pour l’environnement). L’interdiction de la loi alimentation ne les concerne pas. Faire plier le lobby agro-alimentaire est une chose, celui de des laboratoires pharmaceutiques en est une autre.

Il faut reconnaître que la commercialisation d’un médicament prend plusieurs années, changer de formule peut être fastidieux. Peut-être que le raccourcissement prévu des autorisations de mise sur le marché des médicaments sera favorable à l’éviction du dioxyde de titane !

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