Cet été on ne tond pas

Cet été on ne tond pas

Impact écologique et environnemental de la tonte.

Tondre la pelouse est devenu une habitude systématique qui mérite pourtant d’être remise en question. En effet, le gazon abrite une riche biodiversité, avec de nombreuses espèces utiles. Les « mauvaises herbes » nourrissent et hébergent toutes sortes de petits animaux indispensables à la survie de vos fleurs préférées. En même temps, les bienfaits pour le sol sont nombreux. Découvrez toutes les bonnes raisons pour lesquelles il vaut mieux ne pas tondre la pelouse cet été. En quoi la tonte du gazon n’est pas écologique ? 

L’usage de la tondeuse, une habitude néfaste pour l’environnement

Au lieu d’y passer au moins une heure chaque dimanche avec votre tondeuse, laisser la pelouse au repos vous fera gagner du temps pour faire autre chose. En même temps, vous contribuez à préserver l’environnement sur le long terme.

Un lourd bilan écologique

Qu’il s’agisse d’une tondeuse thermique ou d’un modèle électrique, l’usage d’une tondeuse classique entraîne des impacts environnementaux importants. En effet, le matériel thermique pollue énormément l’air : par exemple, une tondeuse avec un moteur à 2 temps utilisée pendant une heure émet autant de polluants qu’une voiture roulant sur 320 km. La tonte du gazon n’est pas écologique.

L’usage de tondeuses électriques n’est pas innocent non plus, car la fabrication du matériel et de la batterie a des impacts sociaux et environnementaux non négligeables. L’exploitation de lithium demande énormément de ressources, sans parler de la condition de vie des mineurs.

La mode du robot tondeuse : une tendance délétère

Ce petit matériel autonome représente sans doute un graal pour les amateurs de pelouse rase, d’une « propreté » impeccable. Guidé par géolocalisation ou cheminant selon les obstacles rencontrés (ex : piscine, bordure de jardin), le robot tondeuse ne laisse aucune surface en friche. Il est conçu avec une petite capacité de coupe et le mode d’emploi préconise une tonte quotidienne. Or cette action permanente, certes intéressante pour obtenir un rendu vraiment court et uniforme, constitue un véritable acte de destruction massive et définitive pour la biodiversité.

Les impacts sur le sol et la flore

La tonte a un impact écologique considérable sur le sol et la flore. Une pelouse tondue à ras implique un sol beaucoup plus exposé, ce qui entraîne :

  • Un dessèchement plus rapide pendant la saison chaude ;
  • Un impact plus important du gel pendant la saison froide ;
  • La disparition des plantes messicoles qui forment pourtant un système racinaire intéressant pour protéger le sol ;
  • La réduction de la couche d’humus ;
  • Le ruissellement des alluvions.

Tout ceci provoque des besoins plus importants en arrosage, et donc en ressources en eau, et en fertilisation. Or, le fait de laisser votre pelouse au repos permet d’équilibrer naturellement le sol avec un minimum d’entretien.

Par ailleurs, tondre le gazon fait disparaître les prétendues mauvaises herbes. Or celles-ci représentent une véritable richesse. Selon une étude menée par l’université anglaise de Sheffield, une pelouse peut abriter jusqu’à 160 espèces végétales différentes qui sont complètement décimées lorsque vous passez la tondeuse trop régulièrement.

Les impacts sur la faune

Tondre le gazon entraîne la destruction des plantes qui servent d’habitation et de nourriture aux petits animaux. Ces derniers vont mourir à leur tour, pourtant ils jouent un rôle très important pour le jardin. Certains habitants des herbes hautes d’une pelouse se nourrissent d’animaux ravageurs, d’autres sont des insectes pollinisateurs tandis que certaines espèces souterraines jouent un rôle de décomposeurs. Ces derniers participent à la fertilisation du sol, mais ils sont incapables de survivre sous une pelouse rase avec une couche d’humus rendue trop mince. Quel est l’impact écologique et environnemental de la tonte sur la faune ?

Disparition des animaux auxiliaires

Les animaux auxiliaires se nourrissent des nuisibles qui ravagent les fleurs et les légumes du jardin.

Le hérisson

Le hérisson a besoin de feuilles et de petites branches pour vivre. L’usage de la tondeuse et de la débroussailleuse détruit leur habitat, entraînant leur migration vers d’autres endroits, ou plus souvent, leur disparition pure et simple. Or les hérissons se nourrissent de limaces et de scarabées qui détruisent les cultures de légumes. Si vous avez un potager dans votre jardin, pensez à laisser votre pelouse tranquille.

La coccinelle

Véritable alliée des fleurs, la coccinelle et ses larves sont des prédateurs très efficaces contre les pucerons, cochenilles et mouches blanches qui infestent vos plantes préférées. En effet, une coccinelle mange environ une centaine de pucerons par jour !

Le carabe

Ce coléoptère commun aime se cacher sous les feuilles et a donc besoin d’une végétation relativement haute pour vivre. Il se nourrit des ennemis du jardinier : les pucerons et acariens, mais aussi les limaces et les escargots. Certaines variétés de carabes se nourrissent des graines des plantes adventices et vous épargnent ainsi l’usage d’herbicides.
Impact écologique et environnemental de la tonte sur les insectes pollinisateurs : quel constat ?

Disparition des insectes pollinisateurs

80 % des plantes à fleurs ont besoin des animaux pour se reproduire, d’où la nécessité de préserver une pelouse assez haute pour abriter les pollinisateurs.

Les papillons

L’azuré, un papillon bleuté très actif en matière de pollinisation, vit dans les gazons où l’on trouve le lotier. Or cette plante vivace a besoin de pousser jusqu’à 15 cm ou 20 cm pour arriver à maturité et héberger les papillons, raison pour laquelle il est préférable de laisser le gazon revêtir un air de prairie.

Les andrènes

Ce sont des abeilles solitaires qui aiment se baigner dans le pollen des fleurs, jouant ainsi un rôle majeur dans leur reproduction. Ces insectes affectionnent particulièrement les pissenlits et les épervières, plantes malheureusement considérées comme de la mauvaise herbe par les adeptes des gazons uniformes et plats. Qu’en est-il de l’impact écologique et environnemental de la tonte sur les animaux décomposeurs ?

Disparition des animaux décomposeurs

Les animaux décomposeurs fertilisent le sol en décomposant les matières organiques pour les transformer en minéraux qui nourrissent les plantes.

Les vers de terre

Ils contribuent à structurer et à aérer le sol, ils sont capables de retenir et d’épurer l’eau et ils aident à mélanger les couches du sol. Tout cela participe à maintenir les propriétés d’un sol ainsi que sa fertilité. La densité des lombrics dépend de la qualité de la végétation : plus celle-ci est riche, plus ils seront nombreux et actifs. Ainsi, un maigre gazon n’abritera que quelques individus au mètre carré.

Le cloporte

Étant très sensible aux métaux lourds, ce petit crustacé est d’abord un indicateur qui témoigne de la bonne santé d’un sol. C’est aussi un recycleur et un détritivore très utile, car il décompose la matière organique morte pour nourrir le sol. Le cloporte a besoin d’un milieu suffisamment humide pour vivre, d’où l’importance de laisser pousser le gazon afin d’entretenir cette humidité. Et surtout, n’enlevez pas systématiquement la mousse de votre pelouse, car celle-ci constitue un très bon biotope pour le cloporte.

 

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